Vendredi 17 octobre 2008 5 17 10 2008 09:24
Publié le jeudi 16 octobre 2008 dans le quotidien “La Provence”

À un mois du congrès du PS à Reims, Martine Aubry bat la campagne à Marseille

Selon Martine Aubry, “à Reims, le PS doit changer pour retrouver le collectif, se rouvrir vers la société”.

La perspective du congrès de Reims lui fait battre la campagne. Martine Aubry sera ce soir à Marseille, devant les militants de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, tout comme Vincent Peillon, “lieutenant” de Ségolène Royal, Kader Arif, proche de Bertrand Delanoë, Benoît Hamon, représentant l’aile gauche du parti et Christophe Caresche du pôle écologique pour défendre les motions sur lesquelles les militants les départageront le 6 novembre.

Ancré à gauche, le maire de Lille, l’une des trois grandes personnalités à briguer le fauteuil de patron du PS, pourrait “capitaliser” sur l’effet de la crise.

- Comment justifiez-vous l’attitude du PS qui s’est abstenu de voter le plan d’urgence de soutien aux banques ?

Martine Aubry : Nous avons été responsables. Nous avons accompagné le président de la République dans ses efforts pour éteindre l’incendie mais nous avons toujours demandé en contrepartie des garanties : l’argent public demandé quand tout va mal doit revenir à l’État quand tout ira mieux. Notre abstention est un cri d’alarme pour dire qu’il ne faut pas rater l’étape suivante, celle du budget 2009. Notre pays est en récession, si Nicolas Sarkozy continue sa politique de restriction des crédits, notamment en ce qui concerne le logement, le pouvoir d’achat, le budget des collectivités locales, s’il persiste et signe, nous allons vers de graves difficultés. L’État a réussi à trouver en quelques jours 360 milliards d’euros pour les banques alors qu’il a du mal à réunir 1,5 milliard pour le RSA !

- Des tensions ont vu le jour au sein du PS à propos de ce vote. Est-ce une fois de plus la bataille des ego ou un dysfonctionnement ?

Martine Aubry : Ces images sont pour moi celles d’un Parti socialiste telle qu’on aimerait plus le voir. Nous aurions dû débattre avant, prendre une décision commune qui aurait été respectée par tous !

- Pensez-vous que la crise change les équilibres au PS et vous donne une nouvelle dynamique ?

Martine Aubry : Je n’ai pas attendu la crise financière pour critiquer le libéralisme. Aujourd’hui, je me sens très à l’aise. Une société qui met en avant la finance sur l’économie va à la catastrophe. C’est un fait que j’ai toujours dénoncé. Dans le texte que je défends en vue du congrès, nous avons largement anticipé cette crise. Nous voulons être les architectes d’un nouveau modèle que nous devons construire et ne nous contentons pas d’être des pompiers. Il faut soigner la maladie et pas seulement les symptômes. Notre motion, comme celle de Benoit Hamon, (ndlr: représentant l’aile gauche du PS) porte une critique fondamentale du modèle libéral et des propositions fortes. Nous, nous avons commencé un rassemblement de militants pour réaffirmer que le Parti socialiste doit être à gauche.

- Certains jugent votre rapprochement avec les fabiusiens comme une alliance contre nature !

Martine Aubry : Ça, c’est le PS d’hier! Il faut que les socialistes jouent collectif. Il faut arriver à surmonter ce qui nous a opposés il y a vingt ans à Rennes, ou au moment du référendum européen et encore au moment de la présidentielle. J’ai le sentiment, aujourd’hui, qu’il y a une dynamique autour d’un PS qui porte haut ses valeurs de gauche. Le monde change, le PS serait-il le seul à ne pas changer ? Je suis fière d’avoir rassemblé des femmes et des hommes qui veulent retrouver la politique et la gauche.

- Un débat, auquel vous êtes favorable, entre les représentants des différentes motions ne va-t-il pas étaler une fois de plus vos rivalités ?

Martine Aubry : Je nous crois capables de débattre de manière sereine. C’est cela qu’attendent les militants.
Quant à la proposition de reporter le congrès, elle est aberrante ! Au moment où la France souffre, les socialistes doivent être à la hauteur ! Où seraient nos valeurs de gauche si les socialistes devez retourner à la maison sans apporter de réponses !

- Si votre motion n’est pas majoritaire, avec qui vous allierez-vous lors du congrès ?

Martine Aubry : Je suis dans la course pour défendre un projet de gauche et c’est un grand bonheur. Je vais à ce congrès pour gagner. À Reims, le PS doit changer pour retrouver le collectif, se rouvrir vers la société, pour être aux couleurs de la France, pour parler tous d’une même voix et pas forcément d’une seule voix.

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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 10 2008 09:20

Jeune adhérent (et oui, même si j'ai activement participé à la campagne de François Mitterrand en 1981 et à celle de Charles Hernu aux municipales de Villeurbanne en 1984, je me suis réinscrit depuis seulement deux ans), j'ai attentivement lu et relu les statuts de notre parti.
Les anciens connaissent cela par cœur (merci René de nous en rappeler quelques points importants) et à la lecture des statuts et du règlement intérieur, je trouve réponse à - presque - toutes les questions que les militants se posent.

A la veille d'un Congrès, quelles sont ces fameuses questions ?
« Quand » aura lieu le Congrès ? D'une manière générale, tous les 3 ans et cette année 2008, du 14 au 13 novembre.
«  » ? A Reims pour ce qui est du Congrès et Rue de Solferino en ce qui concerne le Parti Socialiste, sauf si la proposition de notre camarade maire d'Évry est retenue par la motion E («[…}je change le siège. On part de la rue de Solferino, ça ne marche plus, les couloirs sombres, les murs partout…»)
Je passe sur les « Comment ? » et « Pourquoi ? », que nous trouvons dans toutes les bonnes synthèses, et qui sont corrélatives à celle que je pensais être la bonne question.
Je croyais, militant ingénu que je suis, que ce qui nous mobilisait à la veille d'un Congrès était le « Que / Quoi ? »  Que voulons-nous changer ? Quels sont les grands axes de notre politique pour les années à venir, pour le parti, pour les français, pour l'Europe. Que proposons-nous en matière de lutte contre le chômage ? Que proposons-nous concrètement pour augmenter le pouvoir d'achat ? Quels sont les modèles de développement au niveau local ? Quelles sont nos avancées concernant l'Europe ?...
Je croyais que le « Que / Quoi » était la vraie question.

Mais, naïf que je suis, là ne doit pas être la question ou plutôt, devrais-je écrire, la n'est plus la question. Au commencement était le Parti socialiste, ensemble de militants ayant des valeurs communes. Et à la question du « Qui », la réponse venait d'elle-même.
Alors qu'aujourd'hui, la vraie nouvelle question est le « Qui » non plus sous sa forme collective, mais sous sa forme individuelle : « Qui » va diriger le Parti Socialiste ? « Qui » sera le prochain présidentiable ? « Qui » est le premier de liste ? « Qui » va de sa main de fer, en espérant un petit gant de velours, nous amener vers la victoire.
Le chef de file de la motion A et ses partisans sont formels et impératifs : « Au nom de l'ordre, trancher sans attendre la question du leadership » ou bien « Il en va d'un minimum de respect vis-à-vis des militants ».
L'ex candidate aux élections présidentielles joue les mijaurées, place ses barons (que je hais ce terme) en première ligne et « ne fait plus un préalable de sa candidature au poste de Premier secrétaire », même si il semble évident que ce ne sera pas le premier signataire de la motion E qui postulera au titre de Premier Secrétaire.
Même le principal dirigeant de la motion C s'en mêle… Seul compte le « Qui ».

Innocent jusqu'au bout, il me semblait avoir lu quelque part :

  • Election des instances dirigeantes - Les adhérents auront à se prononcer directement :
  • Le 6 novembre, sur le choix d'une motion nationale parmi les six motions enregistrées,
  • Le 20 novembre, sur l'élection du Premier Secrétaire.

Par conséquent, si le question du « Qui » est la plus importante, il faut d'urgence changer les statuts, annuler le Congrès (qui ne sert plus à rien et coûte cher) et ne faire voter les militants qu'une seule fois.

Voyez-vous, ce n'est pas si compliqué de  parler des motions sans parler des individus. En tout cas, le 6 novembre, c'est bien pour une motion que je voterai et seule la motion D nous permettra, comme le disait un autre Candide, de « cultiver notre jardin ».

Olivier Smadja - Section Yitzhak Rabin

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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 10 2008 14:38
Ainsi, l'histoire semble connaitre une brûtale accélération...

Les évènements économiques que nous vivons depuis plusieurs semaines constituent une étape de l'histoire de notre pays, de notre continent, de notre planète...Et le hasard aura voulu que les socialistes engagent leur congrès dans un contexte qui dépasse les femmes et les hommes engagés en politique.
La crise que nous connaissons est une crise systémique, même si beaucoup hésitent à employer ce terme. Sa précédente immédiate est celle de 1929, il y a à peine 80 ans...mais une éternité au regard de l'évolution historique que nous avons connue depuis. Car, en fait, l'enjeu setrouve là. Ce type de crise a des effets à court et moyen terme. Et toutes la difficulté politique consiste à en saisir les opportunités, les possibilités qu'elle offre. En un mot, faire preuve d'immagination et envisager l'avenir. Quel est celui que nous voulons? Que voulons nous faire?

Une mise en perspective est nécessaire pour aboutir à un raisonnement qui se tienne. Cette crise économique et financière qui ébranle le monde doit être comprise dans une perspective plus longue. C'est à dire que d'autres évènements doivent être évoqués et mis en rapport. Ensemble, ils forment un corps, une structure d'où il émane un sens.

Le premier est celui du débat sur la constitution européenne que nous avons vécu en 2004-2005. Tant sur le plan interne au PS que sur le plan externe,  il fut une secousse. Le rejet, par les électeurs de France, alors que le parti l'avait approuvé a exprimé un décallage, une incompréhension, un malaise... Les expressions ont été nombreuses et déstabilisatrice pour notre parti et le pays pour tenter d'expliquer et de comprendre ce qui se passait. Il est inutile d'y revenir car beaucoup a été écrit.

Le deuxième évènement est celui des émeutes urbaines de novembre 2005, une autre période de congrès pour le PS... Surprenante, inattendue, elles nous ont tous interpellé dans leur spontanéité et leur étendue sur tout le territoire national. Il a été souligné avec raison l'absence de structure politique chez celles et ceux qui se révoltaient. C'est ce qui fait que ces émeutes ont cessé aussi spontanément qu'elles avaient éclaté. Mais elles traduisaient misère et désespoir social.

Enfin, il y a la crise actuelle. Elle atteint ceux qui commandent l'économie en mettant à mal leur cohésion et leur cohérence. Mais ce désordre au sommet se répercutera aux niveaux inférieurs. Et c'est le peuple, les citoyens qui paieront le prix fort. Et pour le coup, c'est à un dérapage politique incontrolé, susceptible de renverser tout ce en quoi l'on croit que l'on risque d'assister.  C'est ce qui s'est passé dans les années 1930...

C'est la raison pour laquelle la motion D constitue la proposition politique la mieux à même de répondre aux défis du moment. Son contenu correspond à ce qui est urgent pour le présent et nécessaire pour notre avenir. Il associe des personnalités différentes mais complémentaires. Dans le passé, elles ont conduites des analyses différentes. Mais leur démarche est celle de la projection vers l'avenir. C'est pour cela qu'elles ont décidé de travailler ensemble. Enfin, s'y trouve intégrée une génération montante de cadres et dirigeants.

La motion D refuse également la démarche qui consiste à s'autoflageller. Que n'a t'on entendu sur le parti qui n'aurait pas travaillé, qui n'aurait rien fait... Celles et ceux qui ont été aux responsabilités dans le parti, du militant en section au Premier Secrétaire National, en passant par les  secrétaires de section, les Fédéraux, les élus...ont fait, en leur âme et conscience, ce qu'ils jugeaient bon et nécessaire. ce n'est donc pas d'un procès dont nous avons besoin. Et un congrès ne sert pas à se frapper la poitrine pour  reconnaitre des torts, comme si une absolution était nécessaire.

Enfin, la motion D s'inscrit dans une démarche résolument volontariste qui dépasse le simple cadre national. C'est ce qu'elle explique par la volonté que les  socialistes soient "les architectes d'une société de solidarité, de responsabilités et de libertés".

Augustin BALLOT
Section de Casablanca
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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 10 2008 09:27
PARIS, 14 octobre 2008 (AFP) - La maire de Lille Martine Aubry a critiqué mardi le premier secrétaire du PS François Hollande pour n’avoir pas réuni la veille “les responsables du Parti socialiste” afin de dégager une position commune sur le plan d’urgence gouvernemental pour les banques examiné à l’Assemblée.

“Très franchement, c’est un Parti socialiste tel qu’on n’aimerait plus le voir”, a déclaré sur i-télé Mme Aubry, après l’expression de désaccords parmi les députés sur l’attitude à avoir sur ce sujet.

“Je m’étonne que François Hollande, le premier secrétaire, n’ait pas réuni hier (lundi, ndlr) les responsables du Parti socialiste pour que nous discutions ensemble de la position que nous devions prendre”, a ajouté celle qui postule à sa succession.

L’ex-numéro deux du gouvernement Jospin a approuvé “totalement” l’abstention décidée par le groupe socialiste sur ce plan d’urgence.

“Nous avons accompagné l’opération pompiers - arrêter l’incendie -” mais “nous demandons au président de la République de changer le budget 2009 (…), autrement nous allons nous enfoncer dans la récession”, a dit Martine Aubry.

Estimant que “le pire est devant nous”, elle a qualifié l’abstention du PS de “cri d’alarme, pour dire: monsieur le président, changez de politique pour retrouver le chemin de la croissance et de l’emploi!”.

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Mardi 14 octobre 2008 2 14 10 2008 12:23

Vivons-nous une crise du capitalisme, ou la crise des dérives du capitalisme?
Martine Aubry. Nous avons toujours su que le marché ne savait pas distribuer les richesses de manière juste, qu’il ne savait pas préparer l’avenir, mais là le système est devenu carrément fou. Il faut revenir à l’essentiel, retrouver les voies d’une société juste, avec des règles, loin d’une société de la spéculation et du toujours-plus.

Les réponses du G7 -qui vient de s’engager à empêcher toute faillite des banques- vous paraissent-elles suffisantes ?
Je crois comme Dominique Strauss-Kahn que la coordination des réponses au plan européen est indispensable. Il faut évidemment jouer les pompiers pour garantir les dépôts des particuliers, empêcher la faillite des banques et redonner des liquidités. Mais la vraie crise est devant nous: c’est la crise économique. Il faut d’abord relancer le pouvoir d’achat, le logement et augmenter les dotations aux collectivités locales. Et puis être les architectes d’un nouveau système économique, social et écologique. Sinon, on va soigner les symptômes, et pas la maladie.

Doit-on punir les responsables de cette crise ?
Bien sûr!… Je propose que les parachutes dorés ne puissent exister que lorsque l’entreprise a des résultats positifs et qu’ils soient sérieusement encadrés par la loi. Je suis favorable à ce que les stocks options soient soumis à la même fiscalité que les salaires et soient interdits pour les dirigeants.

C’est le système qu’il faut changer, en redonnant la prééminence à l‘économie sur la finance. On devrait par exemple moduler l’impôt sur les sociétés en favorisant les entreprises qui réinvestissent en leur sein par rapport à celles qui redistribuent tous leurs résultats aux actionnaires.

Il faut aussi réarmer l’Etat, lui donner les moyens de retrouver une politique industrielle. Des fonds souverains pourraient accompagner l’innovation pour créer les airbus et les TGV de demain, développer la recherche pharmaceutique, comme le font les Etats-Unis et le Canada, et ainsi maîtriser l’avenir et le prix de nos médicaments pour sauvegarder notre protection sociale. Des crédits spécifiques et une ouverture aux marchés publics devraient soutenir les PME.

Vous récusez la totalité de la politique Sarkozy?
Comment peut-il dire, un jour à Toulon, «bravo les Etats-Unis de mettre 700 milliards dans l’économie» et le lendemain annoncer que les trois budgets français qui sont le plus revus à la baisse sont l’emploi, le logement et les collectivités locales ? Je souhaite un changement total de politique économique car, aujourd’hui, nous payons deux fois les méfaits du libéralisme: la politique de Sarkozy depuis un an et demi, la crise financière aujourd’hui. Nous le paierons une troisième fois s’il persiste et signe !

Certains au PS demandent, à cause de la crise, un report du Congrès de Reims…
C’est une erreur. Les Français ont plus que jamais besoin de nous. Je n’ai pas attendu la crise financière pour dire et écrire que le système allait droit dans le mur, et pour travailler. Cela fait des mois que je le fais avec d’autres. Je me sens donc aujourd’hui très à l’aise. Jamais nos valeurs n’ont été autant d’actualité, mais nos solutions ne doivent pas être celles d’hier. Deux exemples: le rôle de l’Etat est capital, mais nous devons personnaliser les réponses. La famille a changé, chaque enfant est différent, il faut remettre à flots l’école de la République, mais ce n’est pas seulement une question de moyens. Changer la pédagogie, le soutien à chaque enfant, accepter qu’il y ait 15 enfants dans une classe et 30 ailleurs, redonner aux enseignants la fierté de leur métier mais leur accorder aussi plus d’autonomie, voilà les bonnes pistes. Deuxième exemple: on va dans sa vie changer de métier plusieurs fois, changer d’entreprise. Eh bien, chaque Français devra avoir son compte-formation, son compte-temps. La droite explique depuis toujours que les protections collectives empêchent la liberté individuelle. Nous, nous avons pensé pendant très longtemps que tout le monde devait être traité sur un mode uniforme. Aujourd’hui, il faut, j’insiste, personnaliser. Il faut mettre du «je» dans le «nous».

La crise mondiale justifie-t-elle que le PS veuille mettre le cap à gauche toute ?
Le problème n’est pas d’être «à gauche toute»: il s’agit tout simplement de retrouver la gauche qui s’est parfois perdue en se laissant aller à une soi-disant modernité. Le marché doit être maîtrisé et mis au service de tous. Retrouvons nos valeurs, celles de la gauche, celles des pères fondateurs de l’Europe: au lieu de la dictature de la finance, une société faite pour les hommes, un humanisme, un volontarisme. Aujourd’hui, c’est le règne du chacun pour soi, de l’égoïsme, de l’individualisme, de la débrouille.

Craignez-vous la concurrence d’Olivier Besancenot ?
Non. L’extrême-gauche ne sera un problème que si le PS n’est pas à la hauteur. Un parti de pure dénonciation - quel que soit son talent- ne doit pas nous faire peur. J’ajoute qu’en défendant Jean-Marc Rouillan, qui n’accepte toujours pas en 2008 de dire qu’il regrette l’assassinat par son groupe «Action directe» de Georges Besse (NDLR: l’ex-PDG de Renault), Olivier Besancenot m’a scandalisée. Moi, je pense d’abord à Mme Besse et à sa famille.

Etes-vous candidate, oui ou non, au poste de Premier secrétaire ?
J’ai toujours dit: d’abord le projet, ensuite l’équipe. Je vais au Congrès de Reims pour gagner, et j’y prendrai mes responsabilités. Quand on parle de soi, on ne parle pas de l’essentiel : les idées, et les français.

Le bilan de François Hollande à la tête du PS est donc, à vos yeux, globalement négatif ?
Depuis 2002, nous n’avons pas travaillé assez. Nous avons été attentistes. Nous avons laissé nos valeurs s’amollir. François Hollande était Premier secrétaire, mais nous étions membres de la direction. Donc, j’assume ma part de responsabilité. Cet échec est collectif. Il faut maintenant que le PS change.

Le futur Premier secrétaire du PS ne devra-t-il pas être autoritaire, en tout cas faire preuve d’autorité?
Je vais vous dire ce que je souhaite: un Premier secrétaire ancré au cœur de la gauche, qui a toujours porté ses valeurs et n’a pas changé de ligne. Et quelqu’un de crédible pour refaire fonctionner un vrai parti. Un parti où l’on travaille, où l’on débat et où les décisions, une fois prises, sont respectées. Un parti qui se ré-ouvre vers l’extérieur. Un parti aux couleurs de la France en termes de générations, d’âges, de cultures. Un parti qui parle non pas d’une seule voix, mais d’une même voix. Ce changement là, je l’ai déjà engagé.

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