Mardi 14 octobre 2008 2 14 10 2008 12:18
CLEON (Seine-Maritime), 13 oct 2008 (AFP) - Martine Aubry et Laurent Fabius ont scellé lundi, sur les terres de l’ancien premier ministre en Haute-Normandie, l’alliance conclue à la fin de l’été en vue du congrès du PS à Reims, lors d’une tournée commune à la tonalité très sociale.

A 11H00, au pôle social de Pont-Audemer (Eure), le marathon commence. Martine Aubry se fait expliquer le bien-fondé du pôle, qui regroupe dans cette localité la plus grande partie des services sociaux.
“C’est un guichet unique, qui permet par exemple à 96% des postulants au RMI de repartir avec un dossier complet en une journée, contre trois mois avant”, assure Jean-Louis Destans le président PS du Conseil général de l’Eure. “Bravo, cela m’impressionne. C’est en général ce qu’on n’arrive pas à faire”, s’enthousiasme la maire de Lille.

11H30, direction le marché. Poignées de mains. Petits signes. Laurent Fabius, qui s’efface volontiers derrière Martine Aubry, est en terrain connu. Il croise une habitante de Grand-Quevilly, la commune de la banlieue de Rouen dont il est premier adjoint, et écoute un commerçant qui se dit harcelé par l’Urssaf.

11H45, rencontre autour d’un verre avec les militants socialistes locaux. La maire de Lille se dit “heureuse” d’être à Pont-Audemer, “une très belle ville qui a une histoire assez proche de celle du Nord, industrielle”.
Elle dénonce “un système où on fait de l’argent sur l’argent, où la redistribution des revenus est aussi inégalitaire, et qui oublie l’économie réelle” et fustige une gauche qui a “souvent oublié ses valeurs collectives”.

12H20, passage de la Seine et halte au local de la CGT à l’usine Renault de Sandouville, en ébullition. A huis-clos, Martine Aubry et Laurent Fabius discutent avec les militants du syndicat, qui viennent de bloquer durant cinq heures le site qui doit perdre 1.000 emplois.

13H10, devant les portes de l’usine pour la sortie du quart du matin : “ce qu’on veut, c’est du boulot”, crie un ouvrier qui refuse de discuter.
Martine Aubry rencontre des femmes qui ont des dizaines d’années de carrière derrière elles et semblent bien fatiguées. “La réponse est dans la pyramide des âges (vieillissante, NDLR) de l’entreprise”, leur dit Martine Aubry, en plaidant en faveur de préretraites pour les plus anciens, et d’actions de formation pour les plus jeunes.

14H00, sandwichs et petits fours à la mairie de Lillebonne, dans la pointe de Pays de Caux. Devant les élus et les militants, Martine Aubry se félicite de l’alliance nouée avec des hommes et des femmes venus des anciens courants Fabius et Strauss-Kahn, qui sont “de gauche” et ont “une vraie vision”, et rejette à plus tard la question du candidat à la présidentielle.

15H45, traversée de la Seine-Maritime et discussion avec l’intersyndicale de l’autre grande usine Renault de la région, celle de Cléon. Les socialistes doivent ici composer avec des syndicalistes très marqués à gauche, qui exigent des réponses sur “les subventions aux entreprises qui font des bénéfices”.

16H30. La journée au “timing” très serré n’est pas finie pour Martine Aubry et Laurent Fabius: il reste aux deux alliés à s’afficher ensemble lors d’une conférence de presse puis d’une réunion publique à Rouen.

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Lundi 13 octobre 2008 1 13 10 2008 10:00

Les enjeux du congrès de Reims sont extrêmement importants car il se tient dans une situation exceptionnelle, marquée par une quadruple crise :

§      économique et financière, conjoncturelle en partie, mais révélatrice de bouleversements très profonds dans le mode de production, avec l’éclatement du monde salarié, les rapports entre les personnes, la mondialisation et ses répercussions sur les marges de manœuvre de l’Etat, la perte de confiance – justifiée – dans l’Europe, l’essoufflement du modèle social-démocrate ;

§      politique, avec un renouveau idéologique de la droite libérale et la montée des populismes avec comme toujours remise en cause du rôle des partis et désaffection à l’égard de leur fonctionnement dépassé ;

§      énergétique et écologique, à l’heure des pénuries de matières premières et des bouleversements climatiques ;

§      pour le PS, immobilisme et divisions, à cause de l’absence de travail collectif, du manque d’autorité et du refus de toute audace.

 

Faisons de ces crises le point de départ d’une remise en cause de notre modèle de développement, et travaillons à imaginer du nouveau.

 

Le congrès doit être à la hauteur de ces enjeux et montrer de façon éclatante qu’il existe une alternative : il doit offrir une nouvelle perspective pour la France, un autre avenir.

 

Dans ce contexte, la motion « changer à gauche pour changer la France » propose une démarche assez différente des autres, à partir de ces constats : on ne répondra pas aux enjeux du 21ème siècle en restant prisonniers des clivages du 20ème ; on ne gagnera pas sans une reconquête face au libéralisme ; on ne rénovera pas notre parti en gardant les mêmes équipes et les mêmes méthodes.


C’est la motion du changement :

 

Nos propositions expriment notre détermination à mettre en œuvre des changements en profondeur :

§      un socialisme de la redistribution des richesses, mais aussi, en amont, de la production ;

§      un socialisme qui prenne en comptes les changements environnementaux et le développement durable ;

§      un modèle politique basé sur la responsabilité et la solidarité ;

§      une Europe réinventée et réorientée, volontariste et solidaire.

 

Nous convaincrons mieux de cette volonté de changement en en donnant l’exemple par notre fonctionnement : des équipes renouvelées, un comportement collectif partant sur de nouvelles bases, intégrant alors une nécessaire discipline, afin que le message du congrès soit clairement : « ce n’est plus comme avant ! ».

 

Du changement à gauche :  


La motion D est résolument à gauche, ce qui signifie :

§      la question sociale est centrale, elle est au cœur de notre projet ;

§      l’échec du libéralisme ne nous surprend pas, il rend plus évident l’urgence de redonner toute leur puissance à l’Etat, aux services publics, aux territoires, à l’intérêt général ;

§      les valeurs historiques du socialisme ne sont pas dépassées, elles sont au contraire plus que jamais d’actualité : l’égalité, la solidarité, l’émancipation, la justice sociale, la laïcité ;

§      notre objectif est bien d’avoir un PS à gauche, et non au centre fût-il de gauche, et non de bricoler un énième parti anticapitaliste ou une aile gauche du PS.


Et du rassemblement :

 

La motion D porte sincèrement le rassemblement, puisqu’elle est elle-même issue d’un rassemblement, qui s’est peu à peu construit entre des sensibilités différentes – ce qui est bien différent des ralliements des nuits de congrès.

Nous sommes en effet convaincus que le PS n’avancera qu’uni et que la persistance des clivages du passé est un boulet.

Elle seule a osé et réussi le rassemblement sur des points communs entre des partisans du oui et du non au référendum sur le traité constitutionnel européen, entre ceux qui viennent de la première et de la deuxième gauche. 

Le Parti, la FFE

 

Nous voulons enfin un parti qui travaille sur le fond, qui débatte et tranche les principales questions de société.

Il nous faut également retrouver les règles de respect de la démocratie interne.

Pour la FFE, un nouveau projet devra être élaboré couvrant l’avenir de l’enseignement, l’action consulaire, la sécurité et la transformation de l’AFE. Nos adhérents isolés devront être mieux associés à la vie fédérale.

Les élections législatives de 2012 devront être préparées largement à l’avance. 

Autour de Martine Aubry !

 

Un des principaux enjeux de notre congrès sera le choix du nouveau Premier Secrétaire. Pour nous, Martine Aubry a la stature et la capacité de rassembler les socialistes à Reims et de mettre le PS au travail avec les autres forces de gauche, de façon à gagner.

Face à la droite elle sera pour la gauche un leader fort et crédible.

Ses convictions de gauche sont inébranlables.

Elle a une haute conception de la politique, loin du spectacle et de l’obsession de son image.

Son action dans le gouvernement Jospin a abouti à de nouvelles conquêtes sociales : réduction du temps de travail, emplois jeunes, CMU.

Comme son engagement local à Lille l’a montré, son énergie va de pair avec son attachement au travail collectif et à la pratique de la démocratie au quotidien.

Elle a enfin l’autorité nécessaire.

 

Pour toutes ces raisons, nous appelons à choisir la motion D pour redonner du souffle à notre parti et de l’espoir à la France, pour « changer à gauche pour changer la France »

 

Richard Yung et François Besançon

Mandataires de la motion D
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« Martine Aubry incarne la capacité à proposer un projet de gauche, à travailler avec les différentes sensibilités socialistes qui la soutiennent, étant en même temps une personnalité de premier plan sur la scène nationale et respectée bien au-delà du PS. »

Catherine Dib, secrétaire de la section de Bruxelles

« Nous voulons travailler ensemble, et que ce congrès ait de la tenue, que les Français entendent des propositions, comprennent notre souci du débat politique et nous rejoignent ensuite. Ce que nous voulons, c’est que chaque militant soit fier d’appartenir à un grand parti démocratique qui sait confronter ses divergences pour enrichir sa vision du monde. Ce que nous voulons, comme des milliers de militants de toute la gauche, c’est gagner en 2012 ! »

Marylise Lebranchu, députée du Finistère, ancienne ministre ; Didier Migaud, député de l’Isère, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale

« Privilégier l’action collective me paraît essentiel aujourd’hui pour que le parti socialiste puisse se reconstruire et être en mesure de reconquérir la place qui lui revient. J’ai trouvé dans la contribution de Martine Aubry le désir d’agir dans ce sens et la confirmation de cette volonté dans la motion D »

Claudine Lepage, sénatrice des Français établis hors de France

« Le discours de Martine Aubry me prouve qu’il y a encore quelques socialistes au Parti qui portent l’Espoir d’une société plus fraternelle, plus équitable où chacun peut s’émanciper et le porter au plus haut de lui-même, où l’école donne réellement sa chance à chacun, où chacun peut prétendre à l’égal accès aux droits. »

Olivier Smadja, secrétaire de la section Yitzhak Rabin (Israël)

 

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Samedi 11 octobre 2008 6 11 10 2008 19:01
Paris, 10 oct 2008 (AFP): Le député PS Jean-Christophe Cambadélis a estimé vendredi sur BFM que les socialistes pouvaient “se mettre rapidement d’accord” pour “parler d’une même voix” sur les solutions à apporter à la crise financière et boursière.

“Je pense que les socialistes dans leur ensemble et parler ensemble. ce n’est pas le cas et c’est dommage. On ne sera audible que si, sur trois ou quatre grands sujets, tous les socialistes disent la même chose. Aujourd’hui il faut montrer qu’il y a un autre chemin, celui que préconisent les socialistes, une manière socialiste d’être dans la crise”, a déclaré le député Strauss-Khanien de Paris.

On peut se mettre rapidement d’accord” a jugé M. Cambadélis. Se déclarer au printemps “socialiste et libéral”, comme l’a fait Bertrand Delanoë, était “maladroit dans la période”, et “c’est utilisé en termes de polémique, mais il faut que les socialistes ne polémiquent pas sur cette question-là”, a t-il ajouté.

Selon le dirigeant du PS, “ils doivent se retrouver, ils doivent parler de la même voix, faire des propositions ensemble et montrer que, dans la crise, les socialistes se retrouvent et n’instrumentalisent pas la crise pour pouvoir faire des différences” entre eux à l’approche du congrès du parti.

Toutes les formules sont envisageables à condition qu’elles soient maîtrisées (…)”, a-t-il estimé à propos de l’opportunité d’un débat télévisé entre les chefs de file du PS pour le congrès. “Si c’est pour faire du punching ball dans la période que nous vivons, franchement ça ne présente aucun intérêt” a dit le député de Paris.

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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 10 2008 10:33

Privilégier l’action collective me paraît essentiel aujourd’hui pour que le parti socialiste puisse se  reconstruire et être en mesure de reconquérir la place qui lui revient. J’ai trouvé dans la contribution de Martine Aubry le désir d’agir dans ce sens et la confirmation de cette volonté dans la motion D.

La motion est complète, globale, et j’y ai retrouvé tout ce qui me tient à cœur notamment :

  • La réaffirmation  de  nos priorités : la lutte contre toute forme d’exclusion, contre la pauvreté dans une Europe démocratique.
  • L’objectif de faire de  l’éducation et de la recherche une autre priorité essentielle dans une Europe respectueuse de l’environnement.
  • Une analyse réaliste sur l’évolution de l’Europe  et sur la politique à mener pour continuer à avancer avec ceux qui le souhaitent dans le cadre de coopérations renforcées.
  • L’Europe ne doit pas être un « club chrétien » : il faut continuer les négociations avec la Turquie.
  • De plus l’aide au développement doit être intensifiée, nous devons respecter au moins nos engagements de verser 0,7% du PIB à l’aide  publique au développement tout en cherchant de nouvelles sources de financements. Nous devons agir en partenariat avec les pays concernés dans le respect mutuel des parties concernées

La motion D est un vrai projet social, économique, écologique, politique  pour les Socialistes qui mérite d’être soutenu pas les militants qui se reconnaissent dans une gauche ouverte, optimiste et vraiment désireuse de sortir des crises.

Claudine Lepage, sénatrice des Français établis hors de France

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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 10 2008 22:43
PARIS, 9 octobre 2008 (AFP) - Martine Aubry, est “candidate à gagner le congrès” du PS à la mi-novembre “et à être ensuite première secrétaire”, a déclaré jeudi Laurence Rossignol, sa porte-parole.

“Martine Aubry est candidate à gagner le congrès et à être ensuite première secrétaire. Elle est candidate à faire le rassemblement autour de sa motion”, a déclaré à l’AFP Mme Rossignol, première vice-présidente de la région Picardie.

Mme Aubry avait elle-même déclaré mardi: “je me présente pour gagner”.

La porte-parole entendait ainsi répondre aux déclarations répétées de Bertrand Delanoë, pour qui seuls lui-même et Benoît Hamon sont “clairs” à l’égard des militants, pour avoir annoncé publiquement qu’ils sont candidats à la succession de François Hollande.

Mme Rossignol a d’autre part qualifié de “vrai coup de bluff” l’espoir exprimé dimanche par le maire de Paris que sa motion fasse “50%” lors du vote des militants.

“D’abord, ce n’est pas un bon usage de la démocratie, ensuite c’est un vrai coup de bluff, une véritable opération d’intoxication, le recours à la méthode Coué”, a-t-elle affirmé.

“Quand on tourne dans les fédérations, on ne voit pas comment Bertrand Delanoë peut annoncer un score de 50%”, a commenté Mme Rossignol, estimant notamment que “les militants parisiens ne sont pas venus en masse écouter leur leader”, lors d’une assemblée générale mardi. Plusieurs organes de presse ont parlé d’environ 700 militants présents. Selon la fédération de Paris, il y en avait plus du double.

Réagissant d’autre part aux propos de Julien Dray, pour qui il faut veiller à ne pas “déconnecter” le congrès de la crise financière d’autant que les motions du congrès de Reims “ont été écrites pour la plupart avant la crise financière”, la porte-parole de Mme Aubry a jugé que ce n’était “qu’à moitié vrai”.

“C’est un peu vrai pour la sienne, celle de Ségolène Royal, c’est vrai pour Bertrand Delanoë et ceux qui sont entrés dans ce congrès à côté du contexte, en se ralliant plus ou moins au libéralisme”, a-t-elle affirmé.

Mais, a estimé Mme Rossignol, “ce n’est pas vrai pour la motion de Martine Aubry, ni pour celle de Benoît Hamon d’ailleurs”. “Quand on met en avant dans notre motion le réarmement politique par la puissance publique, on est dans la réponse à la crise”, a-t-elle ajouté.

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