Mardi 23 septembre 2008

Chers camarades,

Nous voulons « changer la gauche pour changer la France ».
Le titre de notre motion, ce sont les militants qui l’ont trouvé.
Dans les sections et les fédérations, ces dernières semaines, que nous ont-ils dit, j’allais dire que nous ont-ils crié : « de changer le parti socialiste », « de le changer en étant fiers de nos valeurs », « pour demain changer la France ».
Oui, nous devons changer.
Car nous vivons, -personne n’en doute plus- la fin d’une époque, la fin d’un système.
Ouvrons grands nos yeux et nos oreilles.

Il s’en est passé des choses depuis notre dernier congrès il y a trois ans.
Il s’en est passé des choses depuis l’élection présidentielle il y a un an et demi.
- Nous dénoncions depuis longtemps l’incapacité du système libéral à distribuer de manière juste les richesses. Nous vivons la crise du pouvoir d’achat en France et les émeutes de la faim dans le monde.
- Nous connaissions son incapacité à préparer l’avenir. Nous vivons aujourd’hui l’urgence écologique.
- Mais le libéralisme est train d’échouer aujourd’hui sur le terrain même de l’efficacité.
Cette crise financière sans précédent, remet en cause cette fois-ci le système dans son cœur même.
Les Etats-Unis en arrivent à nationaliser les banques et à injecter 700 milliards de dollars dans l’économie.
- Dans notre pays, Nicolas SARKOZY continue avec une détermination aveugle à pratiquer les recettes du libéralisme.
Baisse des impôts des plus riches pour soi disant libérer l’initiative
Recul de l’Etat et des services publics –l’école, les hôpitaux et aujourd’hui même encore La Poste- au motif qu’il n’y aurait plus d’argent.
Mise à bas des protections collectives qui porteraient atteinte aux libertés individuelles.
Les résultats sont là : une quasi-récession, un pouvoir d’achat en baisse, une casse sans précédent de l’école de la République, un pays qui n’a plus confiance en lui-même et qui souffre.
Ne nous y trompons pas, la France va subir, plus fort que les autres, cette crise financière, car, contrairement à l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, Nicolas Sarkozy a déjà grillé ses cartouches budgétaires.
Libéral sur le plan économique et social, Nicolas SARKOZY est par ailleurs autoritaire dans le fonctionnement du pouvoir.
Nomination les dirigeants des chaînes TV.
Ordres donnés aux juges.
Français mis en fiches.
Tests ADN pour les étrangers.
Face à son échec, et comme la société n’a plus de sens, il fait appel à l’identité nationale qu’il oppose à l’immigration ou il fait appel à la religion.
On ne peut accepter qu’un Président de la République considère qu’un prêtre est plus utile qu’un instituteur pour éduquer les enfants.
C’est la laïcité qui est en cause, qu’après Ryad et Latran, il veut qualifier de positive pour mieux la disqualifier.
Dans ce contexte de crise, il serait dramatique que les socialistes ne soient pas capables de proposer une nouvelle alternative.
Si je devais retenir un seul enjeu du congrès de Reims, c’est celui-là. Et pour cela, il faut changer.

Changer, c’est retrouver nos valeurs que l’on a parfois laissées de côté, et inventer les réponses d’aujourd’hui.
Etre socialiste, c’est émanciper chacun et le porter au plus haut de lui-même.
Les réponses d’aujourd’hui c’est :
* récréer une école qui donne réellement sa chance à chacun par des moyens et des pédagogies adaptés
* créer une sécurité sociale professionnelle qui permet aux salariés de progresser et d’être protégés.
* assurer l’égal accès aux droits de chacun mais aussi l’égal accès aux droits dans les territoires par les services publics et des financements pour les collectivités locales.
* bloquer les loyers là où la construction de logements est insuffisante.
- Etre socialiste, c’est aussi préparer l’avenir.
Les réponses d’aujourd’hui doivent être concrètes sur les changements de nos modes de déplacement, de consommation et de production pour que l’écologie sorte de nos discours pour passer dans les faits.
Il nous faut préparer Kyoto II en 2009.
Les réponses d’aujourd’hui, c’est réarmer l’Etat pour agir dans l’économie : un impôt sur les sociétés qui favorise l’investissement, des cotisations patronales qui encouragent les embauches, une réforme fiscale redistributive du local ou national, la création de fonds souverains pour accompagner une nouvelle politique industrielle, l’euro mis au service de la croissance et l’emploi, une politique commerciale extérieure réactivée pour permettre un juste échange.
- Etre socialiste, c’est faire civilisation.
Comment ne pas parler de l’Europe ! Il faut faire se lever une nouvelle génération pour retrouver l’enthousiasme des pères fondateurs de l’Europe pour une Europe politique, sociale et humaniste, en son sein et au-delà des frontières.
La conjoncture nous imposerait deux réponses immédiates, une Europe de l’Energie et une Europe de la Défense.

Nous voyons bien que nous avons besoin d’une Europe qui défende des règles à l’ONU et au FMI, mais aussi qui défende la paix alors que les deux blocs s’affrontent à nouveau y compris à nos portes et que le choc des civilisations défendu par Georges BUSH fait des dégâts considérables.
Nous sommes confrontés à ce double changement, l’échec patent du libéralisme et la nouvelle donne mondiale.
Nous n’avons pas le droit de ne pas être à la hauteur.

Ceux qui se réunissent dans cette motion aujourd’hui ont deux souhaits :
* réaffirmer plus que jamais la nécessité du retour de la politique, c'est-à-dire une vision forte à proposer aux français, une nouvelle donne économique et sociale
* retrouver nos valeurs que nous avons parfois laissées s’émousser.
C’est une véritable reconquête idéologique qui est devant nous.
Les français ne veulent pas une gauche étroite, économe de ses combats, épiant la réaction de l’opinion pour mieux la chevaucher.
Ils nous veulent rassemblés, clairs et innovants. Voilà ce que nous devons être.

Voila pourquoi, nous vous appelons à reconstruire, rassembler, reconquérir, en un mot, changer le parti.
- Le premier acte de ce contrat collectif, c’est retrouver le chemin de la fraternité.
Nous ne voulons pas refaire le passé.
Par trop de compétitions humaines, on détruit un lien essentiel entre nous, et on oublie l’essentiel, la confrontation des idées.
Si nous voulons sauver le Parti d’Epinay, il faut un nouvel Epinay.
C’est d’abord un état d’esprit nouveau. Mes amis, si nous ne dépassons pas les querelles d’hier, il n’y aura pas de Parti Socialiste demain.
Nous devons dépasser les courants pour conjuguer les engagements.
Il ne s’agit pas d’être dans la continuité de ce que nous avons fait depuis de nombreuses années au PS.
Il faut faire autre chose autrement, avec fidélité pour notre passé mais sans y rester.
- Nous avons du pain sur la planche : le PS est électoralement fort – je salue les sénateurs nouvellement élus- mais socialement anémié. Il nous faut faire revenir les créatifs, les intellectuels, les syndicalistes.
- Il faut que l’image de notre parti change. Elle doit être aux couleurs de la France et de ces banlieues qui sont le quotidien de la France populaire.
- Bref, nous devons créer un nouveau choc culturel comme il en a existé un en 1936 ou en 1981.

Pour cela le PS doit se déterminer par rapport aux problèmes des français.
- Et puis, soyons en sûrs ; le PS n’est pas la résultante de la pression de forces contradictoires à l’extrême gauche ou au centre. C’est la force centrale de la gauche… Aux autres de se déterminer par rapport à nous.
- Nous voulons un parti qui renoue avec une haute conception de l’engagement politique.
- Nous voulons une équipe large, soudée, qui parle d’une même voix, qui entraine le débat, prend une position et ainsi peut la faire respecter.
C’est l’enjeu central, le reste viendra après. La présidentielle ce n’est ni aujourd’hui, ni demain, mais après demain et nous aurons des primaires aussi ouvertes que le permettra le dialogue avec nos partenaires.
Pour conclure mes camarades.
Il nous faut être fidèles à nos valeurs.
Mais être fidèles à notre passé ce n’est pas refaire le passé.
Rennes, c’est fini !
Le traité constitutionnel, c’est terminé !
La primaire, c’est derrière nous !
En revanche, battre Sarkozy, c’est devant nous !
Refonder la gauche, européenne, c’est devant nous !
Maîtriser et humaniser la mondialisation, c’est devant nous.
Alors rassemblons nous autour d’une idée simple : l’avenir, c’est la gauche !

Par Changer le Monde - Publié dans : La motion
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 23 septembre 2008

Si les contributions  étaient différentes sur la forme et sur certaines orientations, réjouissons-nous : elles sont semblables sur les grands axes et toutes socialistes!

Nous sommes maintenant au stade des motions et 4 textes majeurs pour l'organisation du PS se profilent. (Utopia et le pôle écologique sont des aiguillons salutaires, mais qui n'entrent pas en compte dans mon propos).

Avant l'analyse des textes et suite à la présentation des contributions en section, une réflexion sur l'avenir du PS me semble nécessaire. En effet, ces présentations en sections de Bruxelles ont été des moments intéressants et ont donné lieu à des échanges constructifs.

Quelle stature pour le Premier secrétaire?

Aujourd’hui la « présidentialisation » de la V république avec le quinquennat et l’hyper-médiatisation  sont des réalités dont nous devons tenir compte.

Nous avons eu nos figures de prou pour avancer  de Jaurès à Mitterrand. Il faut avoir à notre tête quelqu'un qui aux yeux des Français serve de référence, de contre poids et d’alternative à la parole du pouvoir en place.

Celui (ou celle) qui est a de telles qualités se construira naturellement une stature présidentielle pour 2012. Réfuter cette vérité, c'est ouvrir la voie à de nouvelles querelles de Pouvoirs avant les élections et l'émergence d'un candidat qui n'aura pas le temps de se construire une base solide, comme nous en avons tristement fait l'expérience. 4 ans pour faire émerger un leader incontesté ce n'est pas trop.

Lors de la réunion, on m'a répondu que Tony Blair avait été Président du Labour que peu de temps avant de devenir Premier Ministre! Blair fut élu chef du parti travailliste le 21 juillet 1994, il remporta les élections le 1er mai 1997 et prit ses fonctions le lendemain. Et oui, peu de temps dans la mémoire collective, mais 3 ans en réalité, et je suis d'accord, c'est peu.

On m'a dit que si le premier secrétaire est présidentiable, il sera la cible des attaques de l'UMP. Mais tant mieux! Il ou elle pourra renforcer sa stature et riposter pendant quatre ans (et c'est plus facile lorsque nous ne sommes pas aux responsabilités).

Et au cas où, notre choix cette année ne serait pas le bon, si l’élu(e) n’arrive pas à imposer logiquement sa candidature, il sera bien  temps de faire une primaire…

Comment gagner en 2012?

On ne gagne pas sur un bilan,
On ne gagne pas sur un projet,
On ne gagne pas sur des engagements,
On ne gagne pas sur une figure médiatique,

On gagne sur ces 4 éléments à la fois. Nous avons la responsabilité d’une alternance de pouvoir en faveur de la gauche et il faut se donner les moyens d'y parvenir!

Nous avons de beaux bilan à la fois au niveau local et au niveau gouvernemental (entre 1997 et 2002 : meilleur taux de croissance de l'UE, réduction de la dette (en % PIB), avancé sociales, etc..): il faut en être fier.

Nous avons plein d'idée et de bons projets : dans nos Congrès et dans l'élaboration des projets, il y a beaucoup d'éléments et d'idées : Nous avons la chance d'avoir un parti qui produit beaucoup, des procédures d'élaboration de projet qui ont fait leur preuve (pour moi le projet de 2007 était très bon, même si personne n'en a jamais parlé !).

Nous devons respecter nos engagements : parité, non cumul des mandats et mesures phares. Le « programme commun » de 1981 n'est plus jouable dans un monde en constante mutation.

Il faut donc des convictions solides et la capacité à s'adapter en conservant sa ligne. Toutefois, cela ne signifie pas se désavouer ou aller vers le populisme ou la démesure1.

Nous devons nous imposer médiatiquement par une démarche construite autour de l'autorité du Premier Secrétaire, où chaque action de militant et plus encore de responsable devra apporter son soutien.

Pour cela, il faut commencer dès maintenant en mettant en place un Premier Secrétaire avec l'autorité, l'expérience et les capacités à comprendre, communiquer, animer et décider.

Quelle projection pour 2012?

Ségolène Royal a eu sa chance et elle a perdu. Mais ce faisant, elle a naïvement détruit ses chances pour toutes nouvelles tentatives : Elle a fait preuve d’un manque de préparation important, elle a avoué ne pas croire au projet qu'elle défendait, elle s'est lancé la première dans un combat des chefs pour prendre le poste de Premier Secrétaire, puis met tout cela au frigidaire! Pourtant l’élan de Désir  d’Avenir, la capacité à mobiliser un réseau plus large, notamment par internet, la démocratie participative sont des atouts qu’il faudra conserver. Mais, si sa candidature n’est plus un préalable, elle est encore possible et même probable si sa motion arrive en première position… Mais elle sera dans l’incapacité de fédérer autour d’elle les différents courants indispensables à la mobilisation du PS et à l’union de la gauche…

Benoit Hamon a fédéré l'aile gauche du parti. C'était indispensable pour faire face au NPA de Besancenot, c'est une richesse pour notre Parti, mais cela ne permettra pas la nomination d'un Premier Secrétaire en capacité de gérer le parti. De plus, si un peu de discipline est possible pour faire réussir le Parti, ce serait un grand succès!

Bertrand Delanoë a beaucoup des qualités nécessaires à un bon candidat. Toutefois, il a assuré à M. Moscovici que sa candidature comme premier secrétaire n'a pas de signification pour une candidature à la présidentielle de 2012. J'ai tendance à le croire en raison de sa bonne connaissance de la politique. En effet, dans une partie de l'électorat dans les zones rurales ou des milieux « machos », une attaque bien orchestrée par l'UMP avec Philippe De Villiers en tête d'affiche lui ferait perdre facilement les quelques pourcentages de voix nécessaire à l'élection. Pour moi, il laissera la voie ouverte à une nouvelle primaire en 2010 ou 2011 dans laquelle on verrait revenir François Hollande, DSK et bien d’autres… Or ce n’est pas le choix le plus sûr…

Enfin, Martine Aubry, qui jusqu'à maintenant joue le collectif, a non seulement toutes les qualités pour faire un bon Premier Secrétaire, mais aussi une excellente candidate pour 2012. Sa motion rassemble le plus de courants historiques du PS. Si cette motion arrive en tête, nous aurons une vrai synthèse à Reims qui nous ouvrira la voie d’une opposition franche au gouvernement et la construction d’une alternative crédible pour 2012 !

Sylvain Lhermitte
Section de Bruxelles

1175 000 personnes ont subi des violences sexuelles hors ménage en 2006 selon le rapport de l'observatoire national de la délinquance : combien de policiers pour raccompagner les femmes fonctionnaires à leur domicile?

Par Changer le Monde - Publié dans : Signataires
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 23 septembre 2008

La maire de Lille, qui prend la tête d'une motion pour le congrès de Reims, a réuni ses partisans, samedi à Paris.

Le Figaro - Ils sont ravis. Leur «Meccano», que beaucoup jugeaient improbable, a bel et bien abouti. Samedi, l'alliance des Reconstructeurs s'est transformée en motion pour le congrès de Reims. La maire de Lille, Martine Aubry, en sera la première signataire. Dimanche matin, en débriefant au téléphone la réunion de la veille, Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone n'en revenaient pas : «On aurait voulu l'organiser, on n'aurait pas fait mieux», se sont félicités les deux artisans de ce rassemblement. C'est la «fin des Reconstructeurs», dit Claude Bartolone. «Maintenant il faut passer à autre chose.» Un rassemblement pour conquérir le PS, derrière Martine Aubry prétendante de fait au poste de premier secrétaire.«Je prendrai toutes mes responsabilités mais nous n'en sommes pas là, a déclaré la maire de Lille. Si nous sommes en capacité, nous déciderons tous ensemble.» Cette déclaration prudente - elle n'est pas officiellement candidate au poste de premier secrétaire - lui a été soufflée par le président de la Région Nord-Pas-de-Calais, Daniel Percheron, modernisant une formule de François Mitterrand.

«Il nous faut changer le Parti socialiste pour changer le pays, renoncer à nos vieilles querelles, oublier la présidentielle pour nous mettre ensemble au travail et nous adresser aux Français», a-t-elle lancé, samedi à la Bellevilloise à Paris. «Il faut un Parti socialiste clairement à gauche. La confusion ne mène à rien.» La maire de Lille critique l'ambivalence de Ségolène Royal vis-à-vis des centristes du MoDem, à qui elle avait tendu la main.

Mais le rassemblement qui soutient Aubry, se révèle lui aussi hétéroclite : outre ses propres amis, figurent des responsables du Nord-Pas-de-Calais, les proches d'Arnaud Montebourg, les partisans de Laurent Fabius et une partie du courant de Dominique Strauss-Kahn.

Fracture européenne

Mais les anciennes querelles seraient dépassées. «Vous vous demandez : “qu'est-ce qu'un type comme moi fait avec les fabiusiens ?” J'ai des brevets, des garanties : je les ai combattus toute ma vie !», a lancé le président de la Région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, proche de DSK, déclenchant l'hilarité. Pour lui, il faut tourner la page, notamment la fracture européenne qui avait opposé les uns aux autres en 2005 : «Ce sont des gens aussi exigeants que moi sur les valeurs européennes», a-t-il assuré.

L'offre de rassemblement s'adresse aussi au député du Doubs Pierre Moscovici, premier signataire de «Besoin de gauche», la contribution des proches de DSK. Aubry lui voit «une place centrale». Mais parce qu'il est réticent à l'alliance avec les fabiusiens, il s'interroge encore.

Par Changer le Monde - Publié dans : Revue de presse
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 21 septembre 2008
Par Laure Bretton Reuters - Samedi 20 septembre, 19h20

PARIS (Reuters) - Au nom d'un collectif et "fière de porter les valeurs de la gauche", Martine Aubry s'est officiellement lancée dans la bataille du congrès du Parti socialiste sans aller jusqu'à déclarer officiellement sa candidature à la succession de François Hollande.

Pour tenter de former une nouvelle majorité au sein du PS, la maire de Lille prend la tête d'un mouvement rassemblant des anciens partisans de Dominique Strauss-Kahn et des proches de Laurent Fabius et d'Arnaud Montebourg.

Mais "tous ceux qui portent les valeurs de la gauche et qui ne veulent pas les mettre au placard, tous ceux-là sont les bienvenus", a-t-elle déclaré à l'issue d'une réunion de deux heures à La Bellevilloise. C'est dans cette salle de spectacle parisienne prisée par la gauche, de Jean Jaurès à François Mitterrand, que Ségolène Royal avait annoncé en mai qu'elle briguait la tête du PS.

L'appel de Martine Aubry s'adresse en priorité à Pierre Moscovici, candidat au poste de premier secrétaire depuis un an, isolé sur la scène interne depuis que la quasi-totalité du courant strauss-kahnien s'est rangé derrière elle.

Elle a assuré que le député du Doubs avait "une place centrale" à jouer dans la motion, le programme électoral interne, qu'elle défendra lors du congrès de Reims, en novembre.

"Il nous reste quelques jours" pour opérer un rapprochement, a expliqué l'ex-ministre "symbole" des années Jospin et des 35 heures.

Les courants internes doivent soumettre leurs motions lors d'un conseil national mardi soir à Paris. Six textes sont annoncés, dont celui de Martine Aubry.

Plusieurs rassemblements se sont opérés cette semaine : autour de Ségolène Royal d'une part, de Bertrand Delanoë et de François Hollande d'autre part, et sur l'aile gauche du parti. Le petit courant Utopia et le "pôle écologique" ont également annoncé leur intention de présenter un texte.

"TRAIT D'UNION"

Martine Aubry a confirmé devant la presse qu'elle serait la "première signataire" de cette motion au nom d'un "collectif" - un mot qu'elle a répété des dizaines de fois tout comme "valeurs" et "espérance".

Formellement, cela ne signifie pas qu'elle brigue le poste de premier secrétaire, que François Hollande abandonne après onze années à la tête du PS. "Je prendrai toutes mes responsabilités mais nous n'en sommes pas là (...) Si nous sommes en capacité, nous déciderons tous ensemble", a-t-elle déclaré.

Dans son discours, elle a fustigé le "marché sans règles" et Nicolas Sarkozy qui continue à appliquer les recettes libérales "archaïques". Au niveau interne, elle a prôné un PS "qui se serre les coudes".

"Nous sommes d'abord des socialistes fiers de nos valeurs pour changer la France et changer le monde", a-t-elle insisté.

"Malgré mes 58 ans, je reste avec une volonté chevillée au corps de porter les valeurs socialistes", a conclu celle qui ambitionne de retrouver une "gauche joyeuse".

Laurent Fabius n'avait pas fait le déplacement mais plusieurs de ses proches étaient dans la salle de même que Jean-Christophe Cambadélis, bras droit de Dominique Strauss-Kahn.

Un rassemblement d'anciens "ennemis", ont plaisanté plusieurs participants, en allusion aux déchirements internes sur la Constitution européenne qui avaient failli faire imploser le PS en 2005.

"Je n'ai jamais pensé que certains camarades étaient anti-européens", a souligné Martine Aubry déclenchant les applaudissements de la salle. "Une Europe qui protège, je ne connais pas un seul socialiste qui ne partage pas cela."

"Vous vous demandez: 'Qu'est-ce qu'un type comme moi fait avec les Fabiusiens?'", a lancé Jean-Paul Huchon, proche de "DSK", déclenchant l'hilarité dans la salle. "J'ai des brevets, des garanties: je les ai combattus toute ma vie! (Mais) ce sont des gens aussi exigeants que moi sur les valeurs européennes", a poursuivi le président du conseil régional d'Ile-de-France.

"La nouveauté de notre rassemblement c'est de nous retrouver et que Martine Aubry nous serve de trait d'union."

Edité par Henri-Pierre André

Par Changer le Monde - Publié dans : Revue de presse
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 18 septembre 2008
STRASBOURG (AFP) — La maire PS de Lille Martine Aubry, en visite mardi à Strasbourg, a martelé sa volonté d'”être candidate au travail collectif pour redonner l'espérance aux Français”, se dit “très sereine”, et évite soigneusement de se déclarer au poste de Premier secrétaire.

A six jours du dépôt des “motions” pour le Congrès du PS de novembre à Reims et de l'officialisation des alliances, l'ancienne ministre a répété: “Je suis candidate à ce travail collectif pour faire naître un nouveau modèle de société”, parce qu'”on est au bout d'un système”.

Il ne s'agit pas de “mettre en avant des visages, des mises en scène”, a dit celle qui se dit “très sereine” et n'a “jamais rêvé” d'être Premier secrétaire. “Ou ça marche et je serai dans le collectif, et j'ai envie d'y être, ou ça marche pas et j'y serai plus. Point barre”, confie-t-elle.

L'ancienne ministre ne veut “plus entendre” cette apostrophe de la comédienne Josyane Balasko: “Ils sont où les socialistes?”.

Pour cela, elle décline ses idées-force devant la presse, les militants: défense des services publics, accès au droit, à l'école, à l'emploi.

Evoquant gravement la “crise sociale”, “d'un système libéral”, elle exhorte: “Travaillons collectivement”. Laissons “nos oripeaux d'anciens ceux ci, ceux là… Essayons de laisser nos querelles pour savoir ce qui nous rapproche aujourd'hui”.

Selon la presse, elle réunirait ses partisans samedi.

Sur son rapprochement avec Laurent Fabius pour le Congrès, un journaliste l'interpelle: “Comment la fille de Jacques Delors peut-elle faire alliance avec Fabius qui n'a pas respecté la décision majoritaire au PS pour le Traité constitutionnel européen?”

Mme Aubry répond qu'elle mène “depuis des mois” un “travail” “d'abord avec les amis de Dominique Strauss-Kahn”, qu'elle a d'ailleurs eu récemment au téléphone.

“Croyez bien qu'avant de travailler, j'ai eu cette discussion avec eux”, affirme celle qui se dit “plus qu'européenne”. Elle juge “inacceptable” cette transgression de M. Fabius, mais c'est un “problème interne à notre parti”. Pour elle, “Laurent Fabius a toujours été européen, il pensait que l'Europe n'était pas assez européenne”.

Aussitôt, elle accuse: “Quand le parti retravaillera correctement”, qu'on ne prendra pas des décisions “au dernier moment”, qu'on aura un “vrai débat”, “nous ne devrions pas arriver à cette cacophonie tous les jours où chacun se lève en disant +qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire aux Français pour leur plaire?+”. Allusion à Ségolène Royal?

Mme Aubry ironise plus directement sur la présidente de Poitou-Charentes qui souhaite mettre au “Frigidaire” sa candidature à la succession de François Hollande. “A un moment où il faut donner la chaleur à notre peuple et aux militants, je ne suis pas sûre que le Frigidaire soit la meilleure solution”, lance-t-elle. Auparavant, elle avait affirmé s'etre “jurée” que “jamais plus” elle ne soutiendrait “quelqu'un avant de savoir ce qu'on va faire ensemble”.

Sur les déclarations de Mme Royal ne faisant plus de sa candidature un “préalable”, Mme Aubry lâche: “On ne comprend plus rien ou on le comprend trop bien”. Sous entendu, pour elle, Mme Royal ne renonce à rien.

Par Changer le Monde - Publié dans : Revue de presse
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Images Aléatoires

  • richard_yung2.jpg
  • ibrahim-doumbia.JPG
  • olivier-smadja.jpg
  • monique-cerisier-ben-guiga.jpg

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus