Jeudi 18 septembre 2008 4 18 09 2008 14:37
STRASBOURG (AFP) — La maire PS de Lille Martine Aubry, en visite mardi à Strasbourg, a martelé sa volonté d'”être candidate au travail collectif pour redonner l'espérance aux Français”, se dit “très sereine”, et évite soigneusement de se déclarer au poste de Premier secrétaire.

A six jours du dépôt des “motions” pour le Congrès du PS de novembre à Reims et de l'officialisation des alliances, l'ancienne ministre a répété: “Je suis candidate à ce travail collectif pour faire naître un nouveau modèle de société”, parce qu'”on est au bout d'un système”.

Il ne s'agit pas de “mettre en avant des visages, des mises en scène”, a dit celle qui se dit “très sereine” et n'a “jamais rêvé” d'être Premier secrétaire. “Ou ça marche et je serai dans le collectif, et j'ai envie d'y être, ou ça marche pas et j'y serai plus. Point barre”, confie-t-elle.

L'ancienne ministre ne veut “plus entendre” cette apostrophe de la comédienne Josyane Balasko: “Ils sont où les socialistes?”.

Pour cela, elle décline ses idées-force devant la presse, les militants: défense des services publics, accès au droit, à l'école, à l'emploi.

Evoquant gravement la “crise sociale”, “d'un système libéral”, elle exhorte: “Travaillons collectivement”. Laissons “nos oripeaux d'anciens ceux ci, ceux là… Essayons de laisser nos querelles pour savoir ce qui nous rapproche aujourd'hui”.

Selon la presse, elle réunirait ses partisans samedi.

Sur son rapprochement avec Laurent Fabius pour le Congrès, un journaliste l'interpelle: “Comment la fille de Jacques Delors peut-elle faire alliance avec Fabius qui n'a pas respecté la décision majoritaire au PS pour le Traité constitutionnel européen?”

Mme Aubry répond qu'elle mène “depuis des mois” un “travail” “d'abord avec les amis de Dominique Strauss-Kahn”, qu'elle a d'ailleurs eu récemment au téléphone.

“Croyez bien qu'avant de travailler, j'ai eu cette discussion avec eux”, affirme celle qui se dit “plus qu'européenne”. Elle juge “inacceptable” cette transgression de M. Fabius, mais c'est un “problème interne à notre parti”. Pour elle, “Laurent Fabius a toujours été européen, il pensait que l'Europe n'était pas assez européenne”.

Aussitôt, elle accuse: “Quand le parti retravaillera correctement”, qu'on ne prendra pas des décisions “au dernier moment”, qu'on aura un “vrai débat”, “nous ne devrions pas arriver à cette cacophonie tous les jours où chacun se lève en disant +qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire aux Français pour leur plaire?+”. Allusion à Ségolène Royal?

Mme Aubry ironise plus directement sur la présidente de Poitou-Charentes qui souhaite mettre au “Frigidaire” sa candidature à la succession de François Hollande. “A un moment où il faut donner la chaleur à notre peuple et aux militants, je ne suis pas sûre que le Frigidaire soit la meilleure solution”, lance-t-elle. Auparavant, elle avait affirmé s'etre “jurée” que “jamais plus” elle ne soutiendrait “quelqu'un avant de savoir ce qu'on va faire ensemble”.

Sur les déclarations de Mme Royal ne faisant plus de sa candidature un “préalable”, Mme Aubry lâche: “On ne comprend plus rien ou on le comprend trop bien”. Sous entendu, pour elle, Mme Royal ne renonce à rien.

Par Changer le Monde - Publié dans : Revue de presse
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