Changer à gauche pour changer le
monde
Blog FFE de la motion D (Aubry, Cambadélis, Fabius, Lebranchu, Montebourg,
...)
PARIS, 1 oct 2008 (AFP) - Martine Aubry, maire (PS) de Lille, a demandé mercredi que
l’argent public dépensé pour enrayer la crise financière serve “d’abord à la protection des petits épargnants et à la relance de l’économie”.
“L’argent public doit servir d’abord à la protection des petits épargnants, et à la relance de l’économie, et pas à soutenir des responsables financiers qui demain, si les choses s’arrangent, recommenceraient exactement de la même manière”, a déclaré Mme Aubry lors d’une conférence de presse.
Chef de file d’une motion pour le 75e congrès du PS en novembre, l’ex-numéro 2 du gouvernement Jospin était entourée des quatre porte-parole dont elle a annoncé la nomination: les députées Laurence Dumont, Catherine Lemorton et Sandrine Mazetier et Laurence Rossignol, vice-présidente de la région Picardie.
“Les Français, a affirmé Mme Aubry, perdent de l’argent sur leur épargne, parce que le cours de leurs actions ou de leurs placements en assurance-vie baisse. Je crois qu’ils comprendraient mal que notre soutien aille aux banques sans que, en parallèle, ces crédits soient remboursés par les banques quand ça ira mieux” et sans que des fonds publics servent à “relancer l’économie, relancer le pouvoir d’achat, relancer l’investissement”.
La maire de Lille a mis en garde contre “une réponse de très court terme, qui ne traiterait pas avec justesse, avec justice, l’utilisation des fonds publics et qui ne traiterait pas le fond de la
crise économique”. Car, a-t-elle estimé, “nous ne sortirons pas de la crise si nous ne soutenons pas
l’économie de manière forte”.
Mme Aubry a accusé Nicolas Sarkozy d’”ajouter de la crise à la crise”, notamment parce que le gouvernement “s’apprête à prendre les excédents des caisses d’épargne” qui servent à financer la
construction de logements sociaux, secteur gros pourvoyeurs d’emploi. “Sa politique libérale nous a
conduits à un fiasco économique et social”, a-t-elle ajouté.
La dirigeante socialiste s’en est pris à la volonté affirmée par le chef de l’Etat de “moraliser le système”. Il ne s’agit pas de “moraliser le système, car c’est le coeur du système qui est en cause”, a plaidé Mme Aubry, réfutant la thèse d’un accident de parcours.
“Ce que nous demandons, c’est un débat national sur les propositions de l’opposition”, a-t-elle conclu.