Changer à gauche pour changer le
monde
Blog FFE de la motion D (Aubry, Cambadélis, Fabius, Lebranchu, Montebourg,
...)
Pierre-Yves d'ailleurs le soulignait dans son propos concernant le Congrès de Reims "Cette motion est le fruit d’un travail participatif, assis sur plus de 2000 contributions militantes préparées depuis le mois de mai. Signataires, nous n’en sommes pas les zélateurs passifs, mais les co-auteurs."
Pour bien comprendre ce dont on parle, je citerai plusieurs fois wikipédia, en commençant par la définition : la démocratie participative s'inspire des concepts mis en place dès 1960 dans de nombreuses entreprises sur l'organisation et l'amélioration des postes de travail. Elle vise à faire participer les citoyens à la prise de décisions.
Ce concept a été porté par le PS depuis longtemps et notamment dans un Congrès du début des années 90. Dans notre campagne pour la dernière élection présidentielle, cette pratique a été mise en avant et a réussi à attirer de nombreux citoyens dans nos réunions. Toutefois, si elle n'est qu'un instant de partage (convivial), si elle n'est qu'une consultation d'un moment, elle n'est rien en soi. Elle ne peut exister que si des organes existent de manière permanente et légitime (Conseils, représentants élus, etc) pour que les propositions recueillies dans la phase de consultation puissent être valablement relayées auprès du pouvoir politique, qui prend les décisions. Le meilleur exemple est la Suisse.
En effet, en l'absence de structuration du débat, l'élaboration d'une procédure participative, en associant le plus de citoyens possible à la prise de décision, atomise celle-ci. Cela, à un certain degré, crée une infinité de pôles de décision et peut annuler la possibilité même d'une prise de décision effective. In fine, le pouvoir risque de revenir à l'instance qui a initié la procédure à savoir, le plus souvent, le pouvoir politique traditionnel.
Je trouve cette démarche démocratique tout à fait pertinente au niveau local pour gérer des quartiers ou des petites communes. L'appliquer tel quel au niveau national est nettement plus problématique. Je me limiterais à 3 exemples.
Le premier, dans la motion E, on peut s'étonner de l'absence de prise de position sur le non cumul des mandats. Je n'imagine pas que cela n'ait pas été demandé, mais cela n'a, sans doute, pas plu au pouvoir en place…
Toujours dans la motion E, la proposition d’ « une taxe sur les profits de Total » est sans doute issue d'un tel débat. Toutefois, imaginons la loi national qui plomberait le seul pétrolier français à la plus grande joie des autres compagnies anglaises, américaines, qui non seulement profiteraient directement de la mise en difficulté de Total, mais encore pourraient démontrer à tous les autres gouvernements la contre productivité d’une telle mesure ! (Si vous appliquez comme en France, nous quittons votre territoire…) Je suis en faveur d'une telle mesure, mais pour toutes les entreprises pétrolières et harmonisée au niveau européen au minimum (comme le dit la motion D ) ! La démocratie participative ne peut pas remplacer le travail d’analyse et d’expertise, qui est nécessaire sur les sujets complexes dont un gouvernement doit s’occuper !
Enfin, dans un moment de tension évident (la rencontre télévisée avec Sarkozy), Ségolène Royal sort une « pépite » comme on appelait à l’époque les résultats des débats participatifs : raccompagner toutes les femmes policières le soir par des policiers… Cette proposition est plausible dans le cadre d'un débat participatif concernant un quartier spécifique en grande difficulté, mais pas comme une généralité devant les 20 ou 30 millions de Français… Il y a malheureusement trop d'acte de violence sexuelle en France pour vouloir mettre un policier derrière chaque victime potentielle, celà a fait plutôt surenchère sur une DROITE repressive. ..
Pour moi, la démocratie participative appliquée au niveau national doit s'appuyer sur la société civile organisée, le Comité Economique et Social, les syndicats et bien sur des institutions d'analyse, comme le feu Commissariat au Plan (qui a disparu d'avoir osé dire que les 35h avaient été bénéfiques)
C'est le sens du chapitre "Donner la priorité à la réflexion collective et au débat militant" de la motion D.
Les élus doivent bénéficier d'un vrai statut pour permettre une meilleure représentation de la société, et bien sur le régime parlementaire doit être renforcé, puisque normalement, tous les socialistes sont opposés à l'hyperPrésidentialisation... Mais là je m'avance un peu sans doute...
Sylvain Lhermitte
Section de Bruxelles
Jeune adhérent (et oui, même si j'ai activement participé à la
campagne de François Mitterrand en 1981 et à celle de Charles Hernu aux municipales de Villeurbanne en 1984, je me suis réinscrit depuis seulement deux ans), j'ai attentivement lu et relu les
statuts de notre parti.
Les anciens connaissent cela par cœur (merci René de nous en rappeler quelques points importants) et
à la lecture des statuts et du règlement intérieur, je trouve réponse à - presque - toutes les questions que les militants se posent.
A la veille d'un Congrès, quelles sont ces fameuses questions ?
« Quand » aura lieu le Congrès ? D'une manière générale, tous les 3 ans et cette année 2008, du 14 au 13
novembre.
« Où » ? A Reims pour ce qui est du Congrès et
Rue de Solferino en ce qui concerne le Parti Socialiste, sauf si la proposition de notre camarade maire d'Évry est retenue par la motion E («[…}je change le siège. On part de la rue de Solferino, ça ne marche plus, les couloirs sombres, les murs
partout…»)
Je passe sur
les « Comment ? » et « Pourquoi ? », que nous
trouvons dans toutes les bonnes synthèses, et qui sont corrélatives à celle que je pensais être la bonne
question.
Je croyais, militant
ingénu que je suis, que ce qui nous mobilisait à la veille d'un Congrès
était le « Que
/ Quoi ? » Que voulons-nous changer ? Quels sont les grands axes de notre politique pour les années à venir, pour le parti, pour les
français, pour l'Europe. Que proposons-nous en matière de lutte contre le chômage ? Que proposons-nous concrètement pour augmenter le pouvoir d'achat ? Quels sont les modèles de
développement au niveau local ? Quelles sont nos avancées concernant l'Europe ?...
Je croyais que le
« Que / Quoi » était la vraie question.
Mais, naïf que je suis, là ne doit pas être la question ou plutôt, devrais-je écrire, la n'est plus la question. Au
commencement était le Parti socialiste, ensemble de militants ayant des valeurs communes. Et à la question du
« Qui », la réponse venait d'elle-même.
Alors qu'aujourd'hui, la vraie nouvelle question est le « Qui » non plus sous sa forme
collective, mais sous sa forme individuelle : « Qui » va diriger le Parti Socialiste ? « Qui » sera le prochain présidentiable ? « Qui »
est le premier de liste ? « Qui » va de sa main de fer, en espérant un petit gant de velours, nous amener vers la victoire.
Le chef de file de la motion A et ses partisans sont formels et impératifs : « Au nom de l'ordre, trancher sans attendre la question
du leadership » ou bien « Il en va d'un minimum de respect vis-à-vis des
militants ».
L'ex candidate aux élections
présidentielles joue les mijaurées, place ses barons (que je hais ce terme) en première ligne et « ne
fait plus un préalable de sa candidature au poste de Premier secrétaire », même si il semble évident
que ce ne sera pas le premier signataire de la motion E qui postulera au titre de Premier Secrétaire.
Même le
principal dirigeant de la motion C s'en mêle… Seul compte le « Qui ».
Innocent jusqu'au bout, il me semblait avoir lu quelque part :
Par conséquent, si le question du « Qui » est la plus importante, il faut d'urgence changer les statuts, annuler le Congrès (qui ne sert plus à rien et coûte cher) et ne faire voter les militants qu'une seule fois.
Voyez-vous, ce n'est pas si compliqué de parler des motions sans parler des individus. En tout cas, le 6 novembre, c'est bien pour une motion que je voterai et seule la motion D nous permettra, comme le disait un autre Candide, de « cultiver notre jardin ».
Olivier Smadja - Section Yitzhak Rabin